1. Les acteurs de la méthode
Appliquée à la conduite de projet, la méthode va faire appel
à deux acteurs privilégiés pour mener un comptage :
> Un spécialiste de la méthode
> Un utilisateur expérimenté de l'application
Le spécialiste de la méthode peut être le responsable qualité
du projet mais mieux vaut que ce rôle revienne à une personne
extérieure au projet.
Ainsi peut-on retenir l'exemple de la SNCF comme idéal pour le
choix de ces deux acteurs :
> Un spécialiste de la méthode issu du pilotage du système
d'information
> Le conducteur du projet pour présenter les aspects techniques
de l'applicatif
Incarnant ce rôle de spécialiste, le pilotage répond à sa mission
sur les points suivants :
> Eclairer
> Normaliser
> Gérer le transverse
En tant qu'intervenant externe au développement, le pilotage va
orienter le comptage selon ce qui a été défini comme la vision
utilisateur final.
Le comptage en points de fonction permet au conducteur de projet
:
> D'avoir une vision amont du projet
> De contrôler l'avancement et de respecter le budget alloué
2. Cycle de vie du projet
2.1. Les phases du projet informatique
Le schéma suivant rappelle les principales phases d'un projet
informatique (les surfaces représentent les différentes montées
en charge au cours du cycle de vie du projet) :
Figure 4 : Les phases de projet
On peut en préciser les définitions par les grandes étapes de
la conduite de projet :
> Etude d'opportunité
C'est une analyse et une démonstration du bien-fondé du projet.
Elle permet de fixer le cadre de l'étude ainsi que les grandes
orientations du nouveau système.
> Etude de faisabilité
C'est l'analyse de la faisabilité économique, organisationnelle
et technique de projet qui conduit à pouvoir proposer plusieurs
scénarios.
> Définition Fonctionnelle du besoin
Cette étape permet d'approfondir le besoin de manière à ce que
Maîtrise d'Ouvrage et Maîtrise d'Œuvre puissent s'engager sur
un contrat de projet.
> Conception générale
A partir d'une étude détaillée de l'architecture fonctionnelle,
elle décrit le fonctionnement de chaque élément de cette architecture,
en complétant l'architecture technique.
> Conception détaillée
C'est la phase d'adaptation de la conception aux solutions techniques
retenues, tout en décrivant et documentant le fonctionnement de
chaque unité du logiciel.
> Codage et tests unitaires
C'est la traduction et la vérification de la conformité du résultat
de la conception détaillée par l'utilisation du langage retenu.
> Tests d'intégration
C'est l'assemblage et le test des différentes unités du logiciel
ainsi que la vérification de la conformité au dossier de conception
détaillée.
> Recette fonctionnelle
C'est la vérification de la conformité du logiciel à la demande
exprimée dans le dossier validé de conception générale.
> Site pilote
Permet d'évaluer le logiciel avec les utilisateurs et les exploitants
dans des conditions réelles d'utilisation.
> Généralisation
C'est la mise en œuvre du nouveau système sur tous les sites d'exploitation.
> Bilan du projet
C'est la phase dans laquelle est effectuée le bilan du projet
ainsi que la capitalisation acquise pendant le déroulement du
projet.
2.2. Les dérives de projet
Une étude du Cigref a cherche à identifier les principales dérives
constatées dans les projets informatiques. Le paramètre utilisé
est la répartition de charge par phase et le dépassement du pourcentage
de charge alloué une phase représente la dérive. Le tableau suivant
présente les principales dérives constatées chez des participants
à une étude du Cigref :
|
Entreprise
PHASE
|
1
|
2
|
3
|
4
|
|
Etude préalable
|
10%
|
15%
|
20%
|
22%
|
|
Etude détaillée :
>Conception fonctionnelle
>Conception technique
|
25%
10%
|
35%
|
30%
|
34%
|
|
Réalisation :
>Programmation
>Tests
|
40%
|
40%
|
30%
|
34%
|
|
Mise en œuvre
|
15%
|
10%
|
20%
|
7%
|
|
Tableau 8 : Dérives suivant les phases de projet
La diversité des projets et des entreprises et les ratios utilisés
ne permettent pas de tirer de grandes conclusions sur ces dérives.
Il est toutefois possible de constater que les plus grandes dérive
ont lieu au moment de la réalisation.
3. La méthode des points de fonction dans la vie du projet.
On l'aura compris, l'utilisation de cette méthode peut faire
partie des moyens qui contribuent à la maîtrise des coûts, délais
et qualité d'un projet.
Cela est possible par ce qu'apporte la méthode :
> Une évaluation de la complexité du projet
> Un suivi et un bilan des réalisations
Associée à la conduite du projet et suivant la phase on peut :
> Evaluer la charge
> Anticiper ou constater les dérives
> Capitaliser sur les expériences de projets
Outre la difficulté qui consiste à passer du nombre de points
de fonction à la charge, un comptage sera plus ou moins précis
quant à la date à laquelle il sera fait dans la vie du projet
informatique. A titre d'exemple, et cela peut être réalisable
dans toute entreprise, la SNCF estime la précision d'un comptage
en fonction de la complexité réelle du projet suivant la phase
à laquelle est fait ce comptage.
3.1. L'incertitude de chiffrage
L'incertitude de chiffrage permet de tenir compte de l'incertitude
d'évaluation du nombre de points de fonction. Cette incertitude
exprimé en % doit diminuer progressivement lors du déroulement
du projet.
Ainsi, les résultats suivants ont été retenus et peuvent être
appliqués :
> Etude préalable 30 %
> Etude détaillée 20 %
Figure 5 : L'incertitude de chiffrage
Pour une estimation réelle de la complexité d'une application
informatique en étude préalable (qui ne peut être véritablement
connue une fois réalisée), il faut réajuster le résultat obtenu.
Le manque d'informations et de connaissance de toutes les fonctionnalités
et données, ne permet d'estimer que 70 % du nombre total de points
de fonction.
4. Choix de cette méthode pour un projet. Benchmark informatique
La méthode des points de fonction peut clairement être inscrite
dans la démarche de développement de projet. Dans ce cas pour
pleinement profiter de ces avantages, il faut adopter une certaine
méthode de travail et utiliser certains outils. Une méthode Merisienne
facilite l'exploitation des résultats et permet de rapidement
identifier les différents composants qui sont à la base de la
méthode. Si la méthode ne fait pas encore partie de la conduite
de projet et que l'on souhaite l'utiliser, alors il faut appliquer
une politique de conduite du changement qui va s'appuyer sur des
projets déjà réalisés par une opération de benchmark et sur les
projets futurs pour affiner les résultats obtenus.
4.1. Benchmark informatique
Une telle opération nécessite souvent l'intervention d'un prestataire
externe spécialiste de la méthode des points de fonction pour
mener cette opération. D'autre part, il faudra développer en en
interne une compétence en la matière, un spécialiste de la méthode
des points de fonction. Une telle opération est menée dans le
Domaine Grandes Lignes de la SNCF avec l'aide du Cabinet de Conseil
COMPASS, spécialisé dans la métrique des points de fonction.
4.1.1 Points forts
> Permet la mise en place d'un système de mesures récurrentes
de l'activité étude et développement
> Favorise la sensibilisation des équipes de développement
à la métrologie
4.1.2 Points faibles
> La culture des gens de développement est rétive à la mesure
et à la comparaison et est moins sensible à la production d'informations
nécessaires à la mesure de la productivité et de l'efficacité.
> La restitution d'informations à posteriori concernant des
développements passés représente une charge importante. Ces informations
ne sont pas exemptes d'erreurs ou d'imprécisions. Il est parfois
difficiles de tout retrouver.
5. La collecte des résultats
5.1 Comptage - démarche pratique
Le comptage correspond à une charge de un à trois jour.homme
suivant la complexité. Il fait appel à un spécialiste de la méthode
et un utilisateur expérimente de l'application ou un conducteur
de projet suivant l'avancement.
5.1.1 Interview
C'est la première partie du comptage. Le responsable du projet
décide de faire un comptage car il est à une étape décisive de
son avancement. Il fait appel à spécialiste des comptages qui
va l'interviewer pour cerner le périmètre de l'application et
pouvoir identifier les différents composant. Ce spécialiste comprend
alors les traitements et collecte les données et les documents
dont il aura besoin pour réaliser le comptage.
5.1.2 Comptage
Le spécialiste de l'application peut rentrer plus finement dans
le détail de l'application maintenant qu'il connaît le périmètre
de l'application. Il identifie chaque composant de la méthode
(données et traitements) et en évalue la complexité.
5.1.3 Interprétation des résultats
Il interprète ensuite les résultats en fonction du contexte dans
lequel il a fait le comptage. Il choisit les ratios adéquats et
peut présenter les résultat attendus.
Ces ratios concernent :
> Le passage à la charge
> La répartition données traitements quand il s'agit d'estimer
la complexité des traitements à partir de celle des données par
manque d'information
5.2 Capitalisation de l'expérience de projets et de comptages
On connaît déjà les principaux facteurs qui influent sur le ratio
de productivité. Celui ci dépend directement de l'expérience de
l'équipe, de la complexité du projet et de la stabilité de la
cible. Une collecte de résultats de projets déjà réalisés permet
de choisir au mieux ce ratio lors des d'une estimation en phase
amont de projet. Le tableau suivant rassemble des résultats de
projets développés à la SNCF.
Le travail réalisé a permis d'en faire ressortir quelques tendances
qui resteront à confirmer à l'avenir :
> Distinction des familles de projets (Access, VB, CS, Cobol…)
> Courbe de tendance qui reflète bien une baisse de productivité
en fonction de la complexité du projet
Figure 6 : Productivité des projets
Une collecte des résultats et un premier pas vers la capitalisation
de l'expérience. A la vue de facteurs d'influence, les ratios
de productivité ne peuvent être établis qu'en examinant le contexte
propre à l'entreprise. Pour des structures comme celles de la
SNCF, ces ratios pourront différer d'un domaine à l'autre.
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