denel.com
Mémoires et thèse
Informations
Navigation

IV. La méthode des points de fonction dans la conduite de projet


1. Les acteurs de la méthode

Appliquée à la conduite de projet, la méthode va faire appel à deux acteurs privilégiés pour mener un comptage :
> Un spécialiste de la méthode
> Un utilisateur expérimenté de l'application

Le spécialiste de la méthode peut être le responsable qualité du projet mais mieux vaut que ce rôle revienne à une personne extérieure au projet.

Ainsi peut-on retenir l'exemple de la SNCF comme idéal pour le choix de ces deux acteurs :
> Un spécialiste de la méthode issu du pilotage du système d'information
> Le conducteur du projet pour présenter les aspects techniques de l'applicatif

Incarnant ce rôle de spécialiste, le pilotage répond à sa mission sur les points suivants :
> Eclairer
> Normaliser
> Gérer le transverse

En tant qu'intervenant externe au développement, le pilotage va orienter le comptage selon ce qui a été défini comme la vision utilisateur final.

Le comptage en points de fonction permet au conducteur de projet :
> D'avoir une vision amont du projet
> De contrôler l'avancement et de respecter le budget alloué

2. Cycle de vie du projet

2.1. Les phases du projet informatique

Le schéma suivant rappelle les principales phases d'un projet informatique (les surfaces représentent les différentes montées en charge au cours du cycle de vie du projet) :

Phases de projet
Figure 4 : Les phases de projet

On peut en préciser les définitions par les grandes étapes de la conduite de projet :

> Etude d'opportunité
C'est une analyse et une démonstration du bien-fondé du projet. Elle permet de fixer le cadre de l'étude ainsi que les grandes orientations du nouveau système.

> Etude de faisabilité
C'est l'analyse de la faisabilité économique, organisationnelle et technique de projet qui conduit à pouvoir proposer plusieurs scénarios.

> Définition Fonctionnelle du besoin
Cette étape permet d'approfondir le besoin de manière à ce que Maîtrise d'Ouvrage et Maîtrise d'Œuvre puissent s'engager sur un contrat de projet.

> Conception générale
A partir d'une étude détaillée de l'architecture fonctionnelle, elle décrit le fonctionnement de chaque élément de cette architecture, en complétant l'architecture technique.

> Conception détaillée
C'est la phase d'adaptation de la conception aux solutions techniques retenues, tout en décrivant et documentant le fonctionnement de chaque unité du logiciel.

> Codage et tests unitaires
C'est la traduction et la vérification de la conformité du résultat de la conception détaillée par l'utilisation du langage retenu.

> Tests d'intégration
C'est l'assemblage et le test des différentes unités du logiciel ainsi que la vérification de la conformité au dossier de conception détaillée.

> Recette fonctionnelle
C'est la vérification de la conformité du logiciel à la demande exprimée dans le dossier validé de conception générale.

> Site pilote
Permet d'évaluer le logiciel avec les utilisateurs et les exploitants dans des conditions réelles d'utilisation.

> Généralisation
C'est la mise en œuvre du nouveau système sur tous les sites d'exploitation.

> Bilan du projet
C'est la phase dans laquelle est effectuée le bilan du projet ainsi que la capitalisation acquise pendant le déroulement du projet.

2.2. Les dérives de projet

Une étude du Cigref a cherche à identifier les principales dérives constatées dans les projets informatiques. Le paramètre utilisé est la répartition de charge par phase et le dépassement du pourcentage de charge alloué une phase représente la dérive. Le tableau suivant présente les principales dérives constatées chez des participants à une étude du Cigref :

Etude préalable

10%

15%

20%

22%

Etude détaillée :
>Conception fonctionnelle
>Conception technique


25%
10%

35%
 
 

30%
 
 

34%
 
 

Réalisation :
>Programmation
>Tests

40%
 
 

40%
 
 

30%
 
 

34%
 
 

Mise en œuvre

15%

10%

20%

7%

Tableau 8 : Dérives suivant les phases de projet


La diversité des projets et des entreprises et les ratios utilisés ne permettent pas de tirer de grandes conclusions sur ces dérives. Il est toutefois possible de constater que les plus grandes dérive ont lieu au moment de la réalisation.

3. La méthode des points de fonction dans la vie du projet.

On l'aura compris, l'utilisation de cette méthode peut faire partie des moyens qui contribuent à la maîtrise des coûts, délais et qualité d'un projet.

Cela est possible par ce qu'apporte la méthode :
> Une évaluation de la complexité du projet
> Un suivi et un bilan des réalisations

Associée à la conduite du projet et suivant la phase on peut :
> Evaluer la charge
> Anticiper ou constater les dérives
> Capitaliser sur les expériences de projets

Outre la difficulté qui consiste à passer du nombre de points de fonction à la charge, un comptage sera plus ou moins précis quant à la date à laquelle il sera fait dans la vie du projet informatique. A titre d'exemple, et cela peut être réalisable dans toute entreprise, la SNCF estime la précision d'un comptage en fonction de la complexité réelle du projet suivant la phase à laquelle est fait ce comptage.

3.1. L'incertitude de chiffrage

L'incertitude de chiffrage permet de tenir compte de l'incertitude d'évaluation du nombre de points de fonction. Cette incertitude exprimé en % doit diminuer progressivement lors du déroulement du projet.

Ainsi, les résultats suivants ont été retenus et peuvent être appliqués :
> Etude préalable 30 %
> Etude détaillée 20 %

Chriffage suivant la phase
Figure 5 : L'incertitude de chiffrage

Pour une estimation réelle de la complexité d'une application informatique en étude préalable (qui ne peut être véritablement connue une fois réalisée), il faut réajuster le résultat obtenu. Le manque d'informations et de connaissance de toutes les fonctionnalités et données, ne permet d'estimer que 70 % du nombre total de points de fonction.

4. Choix de cette méthode pour un projet. Benchmark informatique

La méthode des points de fonction peut clairement être inscrite dans la démarche de développement de projet. Dans ce cas pour pleinement profiter de ces avantages, il faut adopter une certaine méthode de travail et utiliser certains outils. Une méthode Merisienne facilite l'exploitation des résultats et permet de rapidement identifier les différents composants qui sont à la base de la méthode. Si la méthode ne fait pas encore partie de la conduite de projet et que l'on souhaite l'utiliser, alors il faut appliquer une politique de conduite du changement qui va s'appuyer sur des projets déjà réalisés par une opération de benchmark et sur les projets futurs pour affiner les résultats obtenus.

4.1. Benchmark informatique

Une telle opération nécessite souvent l'intervention d'un prestataire externe spécialiste de la méthode des points de fonction pour mener cette opération. D'autre part, il faudra développer en en interne une compétence en la matière, un spécialiste de la méthode des points de fonction. Une telle opération est menée dans le Domaine Grandes Lignes de la SNCF avec l'aide du Cabinet de Conseil COMPASS, spécialisé dans la métrique des points de fonction.

4.1.1 Points forts

> Permet la mise en place d'un système de mesures récurrentes de l'activité étude et développement
> Favorise la sensibilisation des équipes de développement à la métrologie

4.1.2 Points faibles

> La culture des gens de développement est rétive à la mesure et à la comparaison et est moins sensible à la production d'informations nécessaires à la mesure de la productivité et de l'efficacité.
> La restitution d'informations à posteriori concernant des développements passés représente une charge importante. Ces informations ne sont pas exemptes d'erreurs ou d'imprécisions. Il est parfois difficiles de tout retrouver.

5. La collecte des résultats

5.1 Comptage - démarche pratique

Le comptage correspond à une charge de un à trois jour.homme suivant la complexité. Il fait appel à un spécialiste de la méthode et un utilisateur expérimente de l'application ou un conducteur de projet suivant l'avancement.

5.1.1 Interview

C'est la première partie du comptage. Le responsable du projet décide de faire un comptage car il est à une étape décisive de son avancement. Il fait appel à spécialiste des comptages qui va l'interviewer pour cerner le périmètre de l'application et pouvoir identifier les différents composant. Ce spécialiste comprend alors les traitements et collecte les données et les documents dont il aura besoin pour réaliser le comptage.

5.1.2 Comptage

Le spécialiste de l'application peut rentrer plus finement dans le détail de l'application maintenant qu'il connaît le périmètre de l'application. Il identifie chaque composant de la méthode (données et traitements) et en évalue la complexité.

5.1.3 Interprétation des résultats

Il interprète ensuite les résultats en fonction du contexte dans lequel il a fait le comptage. Il choisit les ratios adéquats et peut présenter les résultat attendus.
Ces ratios concernent :
> Le passage à la charge
> La répartition données traitements quand il s'agit d'estimer la complexité des traitements à partir de celle des données par manque d'information

5.2 Capitalisation de l'expérience de projets et de comptages

On connaît déjà les principaux facteurs qui influent sur le ratio de productivité. Celui ci dépend directement de l'expérience de l'équipe, de la complexité du projet et de la stabilité de la cible. Une collecte de résultats de projets déjà réalisés permet de choisir au mieux ce ratio lors des d'une estimation en phase amont de projet. Le tableau suivant rassemble des résultats de projets développés à la SNCF.

Le travail réalisé a permis d'en faire ressortir quelques tendances qui resteront à confirmer à l'avenir :
> Distinction des familles de projets (Access, VB, CS, Cobol…)
> Courbe de tendance qui reflète bien une baisse de productivité en fonction de la complexité du projet
Productivité
Figure 6 : Productivité des projets

Une collecte des résultats et un premier pas vers la capitalisation de l'expérience. A la vue de facteurs d'influence, les ratios de productivité ne peuvent être établis qu'en examinant le contexte propre à l'entreprise. Pour des structures comme celles de la SNCF, ces ratios pourront différer d'un domaine à l'autre.

Dernière modification, le 11/07/2006