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3. Présentation du chantier


3.1. Nécessité de l'extension de l'aéroport

L'aéroport de Roissy Charles De Gaulle a accueilli l'an dernier 31,7 millions de passagers (soit une augmentation annuelle de 11,9%). Paris est la huitième plate-forme aérienne dans le monde. Contrairement aux autres plates-formes européennes dont les terrains sont contestés par les agglomérations environnantes, Roissy est la seule disposant de suffisamment de marges d'expansion pour aborder  l'an 2000.

Face à la densification du trafic sur les pistes, la sécurité au sol est le principal axe d'évolution des aéroports. Les taxiways (voies de circulation) connaissent souvent des embouteillages. Voir quatre gros porteurs en bout de piste faire la queue avant de décoller, pour en laisser atterrir cinq autres est une image quotidienne à l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle. Le fort accroissement du trafic aérien entraîne des mouvements incessants entre les pistes et les aires de stationnement. Cette intensification risque de voir les embouteillages si aucune mesure n'est prise. Des efforts sont faits au niveau du guidage des avions au sol et du balisage des pistes. Mais les aéroports doivent augmenter leurs structures d'accueil quant au décollage et l'atterrissage des avions pour garantir un maximum de sécurité. Les témoignages des contrôleurs de travaux de l'ADP avec qui nous travaillons quotidiennement, nous laissent penser que certains incidents (qui ne sont pas rares) pourraient devenir lourds de conséquences. Ainsi quand un avion sort des voies de circulation pour se "planter" dans l'herbe, il faut plusieurs heures pour le sortir et la voie sur laquelle il se trouvait est momentanément condamnée. J'ai moi-même été le témoin d'un incident montrant la nécessité d'accroître les structures d'accueil pour accueillir le trafic en toutes circonstances : une nuit alors que nous travaillions sur la boucle K, tout le trafic a été rabattu sur la piste 2 pour laisser la piste 1 libre à un avion qui devait atterrir avec un pneu éclaté. Il faut d'ailleurs noter que pour ne pas alarmer le public, ces incidents sont rarement rendus publics.
Simultanément à l'accroissement du trafic, la taille des avions augmente. Airbus Industrie prépare pour 2003, l'A3XX qui sera l'avion le plus large (80m d'envergure) et le plus lourd (540 tonnes) au monde. A l'heure actuelle seuls sept aéroports internationaux pourraient l'accueillir. ADP ne rencontrera pas trop de difficultés à condition d'élargir quelques virages et d'aménager des accotements.

Le projet initial de l'aéroport de Roissy Charles De Gaulle présentait quatre pistes. L'aéroport possède actuellement les pistes 1 et 2. Il devra s'équiper à terme des pistes 3 et 4, dont le but est qu'elles soient consacrées à un mouvement unique des avions (atterrissage ou décollage). ADP a décidé son extension. La piste 4 doit voir le jour. DTP Terrassement doit contribuer à la réaliser.

3.2. Le chantier de la piste 4

Le chantier consiste à réaliser une nouvelle piste pour l'aéroport de Roissy Charles De Gaulle. Cette troisième piste (appelée piste 4) se trouvera au sud de la piste 2. Le chantier se situe dans l'enceinte même de l'aéroport ; les bureaux et les ateliers sont implantés en zone réservée dans le lotissement de chantier près du Mesnil Amelot (accès par la RD212).

Description sommaire du lot 1 de terrassement :

Ces travaux comprennent la déviation d'une route qui actuellement se trouve trop proche de l'axe de la future piste. Elle sera déviée en deux temps. La première déviation laissera la place pour la réalisation de la piste pendant qu'un ouvrage d'art sera construit en vue de la déviation finale au dessus des voies de T.G.V. Nord. En plus des terrassements propres de la piste 4, ce lot inclut le terrassement des voies de circulation qui lui sont associées et des voies de circulation permettant la séparation des flux des avions au niveau de la boucle K. Les travaux comportent également la réalisation de drains de fondation de la piste et des voies ainsi que d'un mur de soutènement en gabions.

 

Le chantier en quelques chiffres :

* Déblais / remblais sous revêtement de voies en limon traité à la chaux
50.000 m3

* Déblais / remblais sous accotements de voies et plans de réflexion
1.350.000 m3

* Déblais d'emprunt de limons mis en remblai et traités à la chaux
260.000 m3

* Déblais d'emprunt de limons mis en couche de forme traités à la chaux et au ciment
155.000 m3

* Déblais d'emprunt de marnes mis en remblai sous accotements et plans de réflexion
2.150.000 m3

* Durée prévisionnelle du chantier
17 mois
 

3.3. La sécurité aéroportuaire

La plate-forme aéroportuaire de Roissy Charles De Gaulle est une zone d'échanges internationaux. Il existe donc des zones réservées et des zones publiques. Les travaux que nous allions être amenés à réaliser se trouvent en zones réservées. Les avions évoluant dans certaines de ces zones, des règles de sécurité sont à adopter. Pour tout nouvel intervenant sur l'aéroport, une journée de formation à la sécurité et la sûreté en zone aéroportuaire est organisée. Tout le personnel y est convié pour obtenir une habilitation d'entrée en zone réservée.

Pour accéder aux zones de travail, le personnel doit être en possession d'un badge et d'un permis piste pour la conduite de véhicule. Chaque véhicule doit avoir des placards aux couleurs de l'entreprise pour une identification depuis la tour de contrôle. Ainsi au passage d'un poste de garde, un chauffeur doit présenter son badge, son permis piste et le macaron du véhicule délivré par ADP. Voilà les conditions qu'il faut remplir pour rentrer sur l'aéroport. Il est donc facile de comprendre que l'obtention de toutes ces pièces pour un personnel nouveau demande un certain délai et que par conséquent il n'est pas immédiatement opérationnel. La journée de formation avait pour but l'obtention du permis piste.

La circulation dans des zones d'évolution d'avions se fait dans des cheminements délimités par des lignes blanches au sol. Il est formellement interdit d'en sortir, au risque de collision avec un avion, sans l'autorisation de la tour de contrôle (dans ce cas la piste a été fermée au avion) ou sans être accompagné par un flyco (véhicule en contact permanent avec la tour de contrôle). Les règles du code de la route restent valables et les sanctions pour infraction sont aussi appliquées. Les avions sont toujours prioritaires par rapport aux autres véhicules et aux piétons.

Les zones de servitude empiètent jusqu'à trente mètres depuis le bord des pistes. Pour des zones de travail se trouvant dans ce périmètre de servitude, la fin d'intervention quotidienne demande de ranger tout le matériel afin d'éviter tout risque de collision, souffle ou aspiration.

Il est aussi interdit de fumer dans les zones réservées et l'atelier a dû demander l'obtention d'un permis feu pour pouvoir effectuer des soudures dans le cadre de réparations.

Voici les principales règles qui nous ont été présentées au cours de cette journée, mais le meilleur apprentissage de ces règles reste la mise en pratique sur le chantier avec la plus grande vigilance.

 

Dernière modification, le 11/07/2006