4.1.a. Les sondages.
Une campagne de sondages est menée dans le cadre de la reconnaissances
géotechnique préliminaire. Les sondages sont réalisés sur l'axe
de la section courante, un profil sur deux, soit distants de soixante
mètres. L'équipe de laborantins présente à ce moment procède à
des prélèvements de matériaux afin de constituer des échantillons
représentatifs du terrain. De même, les laborantins notent différentes
observations visuelles qui sont importantes dans la constitution
des coupes de sondages. Il s'agit de la couleur des matériaux,
de leur aspect, de leur nature et d'éventuelles arrivées d'eau.
Ce sont de précieuses informations qui nous renseignent sur les
difficultés qui pourront être rencontrées lors des travaux d'exécution.
Les sondages sont menés jusqu'à un arrêt sur refus (présence de
blocs rocheux), jusqu'à deux mètres sous l'arase ou jusqu'à cinq
mètres de profondeur (limite du bras de la pelle hydraulique utilisée
pour cette tâche). Un échantillon représentatif du terrain en
place est prélevé tous les mètres ou à chaque changement de matériaux.
Plus précisément, le CCTP recommande d'effectuer :
· des prélèvements de petits échantillons pour mesure de teneur
en eau naturelle tous les 50 cm dans chaque sondage,
· des prélèvements de gros échantillons pour identification des
sols, essais PROCTOR, essais C.B.R., mesures I.P.I. et pour densité
blocs (se reporter à l'Annexe VIII pour les références normatives).
4.1.b. Les essais.
En vue de classer les matériaux rencontrés, des essais vont
être réalisés sur les échantillons prélevés sur le site. Pour
faire face au nombre important de sacs d'échantillons (plusieurs
milliers), les équipes chargées des essais ont travaillé en poste.
Les matériaux sont classés d'après leur nature, leur état et leur
comportement. On pourra se référer aux normes correspondantes
pour connaître le mode opératoire de ces essais.
Les essais réalisés et leur fréquence sont précisés dans le tableau
suivant :
|
Types d'essais
|
Fréquences minimales d'essai
|
|
Teneur en eau naturelle
|
1 mesure tous les 0,50 m (tous les échantillons prélevés
|
|
Granulométrie
|
1 par 5 000 m3, minimum 1 par déblai et par couche
|
|
Valeur au bleu de méthylène ou limite d'Atterberg
|
1 par 5 000 m3, minimum 1 par déblai et par couche
|
|
Mesure de l'indice de poinçonnement immédiat
|
1 par 5 000 m3, minimum 1 par déblai et par couche
|
|
Proctor normal avec variation CBR immédiat
|
1 par famille définie par déblai ( 1 pour 50 000
m3 )
|
|
CBR après imbibition 4 jours
|
1 par famille de sol et 1par déblai
|
|
Lorsque tous ces essais ont été réalisés, il est possible de classer
un matériau donné suivant la Classe G.T.R..
4.1.c. La Classification G.T.R..
Le GTR est un outil méthodologique utilisé dans les projets
de terrassements dont le but est la construction de remblais et
de couches de forme.
La classification GTR permet de rassembler des sols présentant
un comportement suffisamment similaire pour que l'on puisse leur
appliquer les mêmes modalités de mise en œuvre en remblai ou en
couche de forme.
Un sol est donc classé selon sa granulométrie, son argilosité,
son comportement mécanique et son état hydrique. Le synoptique
GTR qui suit, résume ces critères de classification. L'Annexe
IX présente la référence normative. Il est intéressant de la consulter,
car elle donne pour chaque classe les intervalles dans lesquels
doivent se situer les résultats des essais précédemment cités.
Elle nous informe également sur les critères (qui n'apparaissent
pas dans le synoptique) à retenir pour déterminer l'état hydrique
du sol.
Les sols sont classés suivant des lettres :
· A Sols fins
· B Sols sableux et graveleux avec fines
· C Sols comprenant des fins et des gros éléments
· D Sols insensibles à l'eau
· R Matériaux rocheux
· F Sols organiques et sous-produits industriels
4.1.d. Réalisation de dossiers de reconnaissance géotechnique
complémentaire.
Ma participation au sein de l'équipe du Laboratoire de Géotechnique
à la réalisation de quelques-uns uns de ces dossiers a été une
étape fondamentale dans mon étude puisque l'élaboration du mouvement
de terres se fonde sur les résultats de ces dossiers.
Pour se conformer aux exigences du client précisées au paragraphe
D.4.1.3.2. du CCTP, les dossiers de reconnaissance géotechnique
regroupent notamment :
· une vue en plan avec repérage des sondages,
· une coupe géologique à l'échelle 1/2000 - 1/2000 faisant apparaître
les différentes couches rencontrées · les fiches d'essais
· les grilles de décision pour chaque déblai précisant pour les
matériaux rencontrés sa classification et ses conditions de mise
en œuvre.
Pour chaque déblai un tel dossier technique est constitué. Pour
leur réalisation concernant quelques déblais, mon travail a consisté
à interpréter les résultats des essais et à dessiner des coupes
géotechniques. Cette période m'a été très profitable dans le cadre
de mon TFE car elle m'a permis de me familiariser avec les matériaux
et les documents qui sont le fondement d'une stratégie d'utilisation
des matériaux.
4.1.e. Analyse des résultats des essais et classification des
matériaux suivant le GTR.
Mon outil de travail était le GTR. Mon travail a été la synthèse
de plusieurs documents.
Ainsi pour un échantillon donné, étaient reportés dans un tableau
:
· sa situation géographique (le pk et la profondeur),
· une description du sol
· les résultats d'essais vis-à-vis de la granulométrie (le plus
gros diamètre, le pourcentage inférieur à 80µ, 2 mm et 50 mm),
du comportement (W% naturelle, IPI, gd) et de l'argilosité (VBS),
· la classe GTR (A, B, C, D, R) et son état (ts, s, m, h ou th)
qui étaient déduits des résultats des essais.
Dans un premier temps les matériaux sont reportés suivant leur
point kilométrique puis une fois classés, ils sont regroupés suivant
leur nature. Il est alors possible de donner pour chaque classe
GTR les caractéristiques extrêmes et moyennes, ce qui permet de
mieux apprécier les types de matériaux rencontrés. L'Annexe X
présente pour le déblai D770, les tableaux de caractéristiques
des sols que j'ai pu établir. Je n'ai travaillé que sur quelques
déblais durant cette période au laboratoire.
J'ai eu ainsi une bonne vision géotechnique du chantier en consultant
les dossiers géotechniques des déblais du chantier. D'autres déblais
avaient déjà été analysés avant mon arrivée. Le mouvement de terres
n'a pu être abordé que lorsque tous les déblais eurent été reconnus.
4.1.f. Profils en long géotechniques.
Durant cette même période au laboratoire, j'ai également dessiné
des profils en long géotechniques. Le support était un profil
en long du projet et du terrain naturel (échelle horizontale 1/200
et échelle verticale 1/2000). L'hétérogénéité du terrain et la
diversité des matériaux rencontrés, nous ont conduit à confondre
dans ces coupes géotechniques les matériaux charpentés avec leur
matrice.
Par exemple, on confond C1Ai avec Ai. Pour dessiner ces coupes,
on reporte à chaque profil où il y a eu un sondage les profondeurs
de chaque classe de matériaux. La difficulté consiste à interpoler
par un coup de crayon la forme de la lentille ou la poche de la
classe de matériaux entre deux sondages. Il faut donc se replacer
dans le contexte du projet pour essayer de voir juste dans ce
dessin. L'A77 est parallèle dans son tracé à la Loire. On peut
considérer que les matériaux sont le fruit d'anciennes alluvions.
Par conséquent les lentilles que j'ai tracées sont plus allongées
dans le sens longitudinal du tracé et elles ont plus tendance
à se superposer qu'à s'enchevêtrer. C'est donc à partir des ces
hypothèses que j'ai dessiné des coupes géotechniques.
Il faut également apporter une nuance dans l'interprétation de
ce type de coupes. Il s'agit de coupes géotechniques (représentant
des matériaux ayant des comportements comparables) et non de coupes
géologiques. On reporte alors dans chaque lentille les symboles
de la légende correspondant à la classe GTR.
L'étape suivante est le coloriage qui doit nous informer sur l'état
hydrique des matériaux :
· le vert pour une humidité moyenne,
· le jaune pour des matériaux humides,
· le rouge pour des matériaux A4 ou très humides.
Les couleurs ont pris une grande importance car elles permettent
d'un coup d'œil d'apprécier la qualité d'un déblai. Le rouge représente
des matériaux impropres à la réalisation d'un remblai et devant
être mis en dépôt. Quand un déblai a des dominantes vertes ou
jaunes, c'est bon signe… Le coloriage présentait également une
difficulté. Une lentille de classe de matériaux peut avoir des
états hydriques différents. L'Annexe V (Profil en long géotechnique
du déblai D770) permet d'apprécier le résultat de la démarche
décrite ci-dessus. La reconnaissance géotechnique des sols et
les coupes géotechniques constituent les données géotechniques
du mouvement de terres.
4.1.g. Recommandations particulières et grilles de décision
d'utilisation des matériaux et de traitement.
Ces recommandations particulières sont pour chaque classe de
matériaux la synthèse des informations fournies par le GTR.
Ces recommandations portent en fonction des conditions météorologiques
sur :
· les moyens d'extraction (SCRAP ou Pelle hydraulique),
· les traitements, arrosages ou aérations éventuels,
· les utilisations possibles (Zones inondables, Blocs techniques,
Arase, Remblais de grandes hauteurs),
· les moyens de mise en œuvre (compacteurs).
D'autres recommandations concernent pour un déblai donné, les
arrivées d'eau ou les arrêts sur refus rencontrés par les laborantins
lors de la campagne de sondages.
A titre d'exemple, l'Annexe XI regroupe les grilles de décision
des matériaux rencontrés dans le déblai D770. Les recommandations
particulières ont contribué à définir les hypothèses du mouvement
de terres.
|